mardi 6 décembre 2011

film

                        Je me disais, au cas ou certain-e-s voudraient comprendre mieux ou me mènent mes pas ,il y a ce film  le sel de la mer, (salt of the sea) réalisé par Annemarie Jacir.

               Bien sur l'histoire est romancée et je ne suis pas du tout dans la même démarche, mais beaucoup de choses sont fidèle a la réalité d'ici.

lundi 5 décembre 2011

Rame

Avant d'expliquer le présent je fais un petit retour sur mes aventures chypriotes.

"Rame, rame, rameurs, ramez
on avance a rien dans c'canoë
[...]
Tu pourras jamais tout quitter, t'en aller
tais toi et rame"

Comme la Turquie, Chypre reste pour moi, un endroit a découvrir.
 Mes errances a la recherche d'un bateau fantôme/fantasme m'ont poussées a rester près de la cote et mon sac a dos ne m'a pas permis de m'aventurer non plus dans les villes ni de faire de belles balades...
Sans jamais savoir ou je dormirais le soir même, avec qu'une envie : traverser ce bout de Méditerranée, c'était quand même bien la galère.
Mais pour autant j'ai aimé vraiment les ambiances que j'y ai trouvé et les pirates que j'y ai rencontrés.
Ces heures passées a la terrasse du café de Costa, un vieux Grec, ses récits de voyages en cargos truffés d'imitations parce que la langue nous manquait.
L'Ali Baba syrien et sa caverne aux milles trésors : entrepôt rempli de narguilés, vaisselle, vêtements chinois ,paraboles ,chapeaux, cassettes VHS, jeux de sociétés, babouches de contrefaçons égyptiennes, sous vêtements coquins, dvd pornos, aspirateurs, alcool, décors de Noël, sac a mains.... Le tout dans un joyeux bordel mélangé, qu'il redispache au fur et a mesure pour la mafia grec. Je l'ai accompagné en tournée c'était... surprenant..
La plage, la mer "qu'on voit danser le long des golfes clairs..", les églises orthodoxes, la plage encore.. et ces ports dans lesquels la douane n'a jamais voulu que je rentre,ni a Larnaca, ni a Limassol.

Ah qu'est ce qu'elle m'a narguée la mer. L'horizon me suggérant l'ailleurs, tous les bateaux aux loin y allant, et moi qui reste la devant les bleues qui se mélangent.
 Moi au milieu des touristes, ne sachant pas ou me poser, ni quoi faire. A finir par m'ennuyer ferme, restant seule avec le goût de la défaite , l'envie de la Palestine et le froid de décembre a travers ma veste.Il fallait que je bouge. Besoin d'être en terre connue. Mais ggrrrhhha combien je suis déçue de ne pas avoir trouve de bateau..
Ça s'est donc solde par un nouvel avion... Grumph..
La prochaine fois j'y vais a la nage!

Je suis partie prendre cet avion en me disant "ouf ", enfin l'arrivée, mais c'était sans compter sur la sécurité Israelienne pour m'aider sur ma route..

Allez hop !
 Interrogatoire, fouille et refouille..
Comme si je n'était pas suffisamment en colère...
 C'est la première fois que des flics m'acceuillent par mon prénom alors que je n'ai pas encore sorti mes papiers et qu'ils ne m'ont jamais vu. J'étais sur leur "liste" m'ont ils dit. Une équipe de 10 personnes pour moi seule.
Ma rage a redoublée une fois a poil "pour ma sécurité"(!) Sac vidé, épluché,scané, passé aux rayons X, moi idem, quasiment.
Plus de deux heures mais j'ai tenue bon a mon histoire de fan d'Israel.  J'ai fini, escortée jusqu'à l'avion, par quitter cette île.
Dernière ligne droite..

jeudi 1 décembre 2011

No border

Je suis donc a Chypre..
Hop! comme ça! Toute la Turquie avalée d'un coup... Prendre l'avion c'est donc ça: c'est ne même pas le remarquer..

Je sais que j'ai bien fait de quitter Istanbul parce que j’étais littéralement en train de m'y vider : de ma tune , de mon temps et de ma motivation. Et puis niveau aventure je ne suis pas inquiète, je ne suis pas rendue ! Oh comme je vois la galère venir ! Si prés du but, je sens que ça va être vraiment coton .
 Quitte a galérer je suis vraiment heureuse que ce soit ici !!

Découverte de Chypre au petit matin après une nuit dans l’aéroport . J'ai laissé  passer l'aube et j'ai découvert l'ile sous un soleil couleur miel.Splendide ! Les arbres m'ont appris ou j’étais arrivée: mandariniers, citronniers, eucalyptus, oliviers, aloè vera ,des fleurs en cette saison... la méditerranée quoi ! Je suis bien sur cette île...
En arrivant a Limassol je me suis souvenu de combien j'aimais cette mer, ce climat, cette ambiance.. Je suis faite pour vivre dans ce genre d’endroit. Je me sens chez moi.
.
Et puis je suis arrivée  a Chypre ni Nord ni Sud..
Parce que non seulement Chypre se traverse, mais il y a meme un camp d’occupation "against" la frontière, dans le no mans land !! Alors bon, vous me connaissez... je suis reste un peu voir la tête que ça a... Un no border camp ici, c'est génial !
J'aime l’idée, la rencontre, ce sentiment de spontanéité, ma posture de passage qui me permet de ne rien cautionner , ni cette frontière, ni ce mouvement dans sa forme..
La pratique reste loin de mon idéal... "deal" avec flics et médias, atelier dread-locks, petits chefs et absence d'organisation collective.. Mais en attendant ils sont partout, jusque dans le Daylis time, font se déplacer des politiques importants, ont même gagnés un négociateur des nations Unis pour s'occuper de leur cas..
Ils m'ont offert bien plus qu'une nuit en tente ces indignés du moment !

Et puis maintenant Limassol.. pour le coup "au pied du mur"
Hébergée chez des iraniens adorables hier soir, je suis maintenant devant l’évidence que mon projet est une utopie. Personne ici ne semble croire que je trouverais de bateau..

mais..
mais je suis arrivée jusqu'ici..
..mais il parait qu'Oscar Wilde a écrit "la seule vraie sagesse c'est d'avoir des rêves assez grands pour ne pas les perdre de vue" . Qu' a cela ne tienne Monsieur Wilde, je vais rêver ce bateau , peut être arrivera-t il...

dimanche 27 novembre 2011

Istanbul.. ça bouge a l'est, ça tangue et s'envole.. finalement

"Perdue"
Je crois que c'est le premier mot qui me vient a l'esrit et peut etre le plus juste.
...
Ce doit etre une histoire de taille, de rythme, ou d'échelle.. je ne sais pas.
Cette ville me fait une drole de sensation, elle me désarme, me laisse sans mots. J'abandonne donc l'offenssive, et même mes bonnes résolutions, et m'en vais demain a Chypre.. en avion..


..et si..
-----------------------------------------

 Bon, et Istanbul alors? Rien à dire ?!!
Ben si. Mais quoi..?

Parlons alors, dans le désordre de ma tête

Ces "gamins des rues" et leur technique terrible pour se faire des tunes...crever de froid. 
En tee-shirt a la tombée de la nuit, recroquevillés là où passe du monde, en espérant faire assez pitié...

Ces champs Elysées locaux, immense avenue marchande, lumineuse, blindée d'Européens, noire de monde jusque tard dans la nuit.
C'est bien connu : la lumière attire les papillons qui finissent par s'y griller...

Cette langue a laquelle je ne comprends rien et qui m'a terrifié les premiers jours. Ah, que d'éxperiences culinaires surprenantes j'ai pu faire ! Sandwish a l'huile et à la viande en guise de petit dej, hamburger miniature a la vapeur(vraiment mignon d'ailleurs) en guise de Kebab ... je n'ai jamais réussi a comander ce que je voulais.

Cette incapacité a retenir le moindre nom de lieux ou mot utile

Cet air marin, ce vent, cette jetée au bord de l'eau

Cette fuite des gens mais cette peur de la solitude que j'ai

Ces rues si familières, occidentales, et à la fois si effrayantes. Revenant toujours aux mêmes lieux, vraiment pas aventurière, me cachant dans l'écriture de mon carnet de route.

Ces milles et un bars contenants toutes les ambiances du monde. Ces supers concerts que j'y ai vu et les musiciens Français rencontrés... Comme vous avez ensoleillé mon séjour !

Ce mouvement féministes et ces manifs contre les violences faites aux femmes qui m'ont tellement donnés le sourire. Où que j'aille il y aura toujours, partout, des camarades !

C'te lieu d'où je suis passée "d'aceuillie", parce que bon laisser-passer de coolitude aupres des potes, a "encombrante" parce que la drague et la chouille c'est pas trop mon truc ... Et d'ou j'ai fini par me faire plus ou moins tej..

Moi qui manquais de mots me voila a écrire un romant..
Je pense qu'ici, soit tu viens avec des amis en touristes quelques jours, soit tu pose ton sac, prends un appart, reste 3 mois, et découvre un peu la ville.
En fait je crois qu'à part Le Caire (où j'étais en meute), c'est la plus grosse ville que j'ai vu de ma vie! Et encore, je n'ai rien vu, je n'ai pas mis un orteil sur la partie asiatique !!
Donc perdue la petite française... 
et après avoir lu tous les sites internet possibles à la recherche d'une solution sur comment quitter ce géant,(entre les 36H de train pour traverser le pays, les sites d'auto stop qui déconseillent aux filles seules de s'aventurer sur la route, les sites des compagnies de bus qui ne disaient jamais d'horaires, la question de la traversée qui devenait de plus en plus brumeuse) j'ai laché mes armes.
J'abandonne le combat et je pars en avion.

Je pars demain soir direction Chypre (pour 50 euros tout compris).M'envoler ainsi me rends un peu triste parce que j'aurais vraiment aimé la faire cette route par la terre... Mais à la fois ça me libère d'un poid immense..

Istanbul, ville révée, fantasmée, que je quitte en y laissant mes angoisses, en espérant y revenir pour mieux la comprendre.

Et se rapprocher de la Palestine un peu, enfin.

Photos

 Quelques photos d'Istanbul



et cette mosquée... bleue elle aussi.. un des plus beaux lieux que j'ai vu de ma vie..




Merci Matéo, compagnon de vadrouille du dimanche, pour les photos.
Gracıas por la tranquilidad y la dolcezza de este balada entre turistos !

jeudi 24 novembre 2011

Poeme

Rien, et tout a voir avec mon voyage .
Je me permet ici de mettre un poeme écrit par une personne qui m'a "élevé" du sol et du reste
 plus d'une fois....
       


Parfois le temps parfois

Parfois le temps du temps
à forcer le destin
qui n'est pas la tendresse
murmure avec sagesse
qu'il est temps
qu'il est temps
mais qu'il ne faut rien faire
la vie la force le sang
tout bouge avec paresse
et dans ces temps vauriens
gîtent et tanguent voiliers
vaisseaux
et caravelles
et les voiles
mettent les voiles
loin de là
où tu chantes
et puis tu as beau faire
et bien
tu y reviendras
mieux
plus tard
quoique tu fasses
parce que parfois le temps
c'est comme ça

mardi 22 novembre 2011

A l'abordage..

...comme dirait Mario.

Je suis partie d'Italie pleine d'élans et d'énérgie aprés avoir fait une halte chez des amis a la frontiere. J'ai eu le sentiment que , enfın, je partais vraiment.

Traverser l'Europe. En camion.
Je ne l'avais pas imaginé comme ça.En fait je ne me souvient plus coment je l'avais imaginé..

C'est long, lent et trop rapide a la fois. Ca m'a parru d'un coté trop facile. Une partie de moi disait "c'est tout? Il suffit donc de monter dans la bagnole des autres et de somnoler pour parcourir tout ce chemin qui me séparre de mon but?". Mais d'un autre coté j'ai senti chaque kilometre passer.
La premiere partie de mon voyage se résume facilement : ımaginez une longue ligne droite, sur des centaines de kılometres, a 80 Km/H... C'étais ça.
En partant vers l'est j'aı découvert le froid.
Le paysage étais gelé, pris dans la glace, une sorte de brouillard blanc enrobant tout. De la Slovénie jusqu'a la fin de la Serbie, tout parraissait identique. Le paysage doit surement changer mais lorsque tout est sous le gel..

Puis j'ai décidé de laisser mon chauffeur pour voir un peu si je ne trouvais pas plus rapide ( si si, j'aı franchement des gouts de princesse)... L'expression de Mario " partir a l'abordage des gens prenait tout son sens".
Mais bon en fait c'étais pas sı facile de trouver autre chose que des routiers.. surtout de nuit.. surtout sans parler un mot de Bulgare, de turc ou de Serbe... Parraıtrait que les gens prennent l'avion..
Et puis je suis tombé sur un type incroyable, tout a fait unique en son genre. Directeur de banque (et pas n'importe laquelle hein, la Socité Générale!), qui veut consacrer sa vıe a la "recherche sur la spiritualité". Une sorte de bonze en costard quoi.
Il a fini par m'héberger dans son hotel ( luxueux) pour pouvoir parler avec moi énérgies, encens, chants sacrés, guru et autres sujets tout a fait ımprobables dans cet hotel 5 étoiles de Sofıa..


J'avoue en avoir bien bavé pour quitter cette ville mais bon, j'ai fıni par m'en sortir et me retrouver a la frontiere de la Turquie ce matin.

Il fallait voir la tete des douaniers !
Arrivant derriere une voiture ( je n'y peux rien s'ıl n'y a pas de fıle pour les pietons !), il y avait la devant eux, une jeune femme (Ho!), seule (non?!) a pied... Je me suıs dıt que pourtant ils devaient en voir l'été des auto-stoppeurs.. Mais la vraiment.. Certains étaient morts de rire, d'autres ont appellé leurs collegues pour qu'ils viennent voir ce qui leur arrivait de nul part, d'autres (du coté turc) avaıent l'air de douter réelement de ma nationalité...
Il faut dire que le contexte aidait : pas un chat, de la brume partout.
L'un d'eux a fini par me demander "vous savez qu'on est en hiver?"
Et je suis passé.

Je suis maintenant a Istanbul avec pour projet d'y rester quelques jours. Moi quı croyais passer par la Grece..

Ici tout me parrait disproportionné. 20 millions d'habitants m'a t'on dit.
Je suis perdue et ne comprends pas un mot de ce qui ce raconte, mais j'ai réussi a trouver internet, c'est déja ça..
Ce qui me manque c'est de partager ça. D'autres yeux, d'autres oreilles,.. Mais bon

..et puis je suppose que comme d'habitude, ça ira.

ps: il n'y a pas vraiment toutes les touches sur les clavıers turcs, j'espere que c'est lisible quand meme.

Photos

Et Hop ! Je profıte d' etre sur internet pour mettre des photos de Venise


En gros voila le quatier dans lesquel j'ai logé, chez Grazzina, Laura et Marco. Pas mal non?
Gracie mille per tutto !

jeudi 17 novembre 2011

carte postale land

             Croyez moi ou pas mais je suis à Venise..
C'est incroyable d' être arrivée ici, cette ville est juste fabuleuse !
          
             Ce voyage promet d'être "extra-ordinaire" et ça me plaît plutôt . Je me rends compte encore une fois de la chance que j'ai d'être là, d'avoir des papiers Français, d'être blanche, jeune, valide.. Arrivée ici hier, après milles péripéties, je suis contente de prendre un peu le temps de faire la touriste.
  Ceux qui m'ont vu partir, le coeur en miette et la tête en vrac, seraient heureux de me voir maintenant. D'extérieur je dois ressembler à un escargot sous LSD, avec mon énorme sac à dos et les yeux grands ouverts, la tête qui pétille. 
Partout où mon regard se pose je trouve ça sublime.
Et pourtant ici presque pas un espace qui ne soit pas marchant ou touristique . Je crois bien que Pimkie et Mc Do n'ont jamais eu plus bel écrin et je comprends mieux l'expression de mon père " c'est un décors de film ou quoi?!"...  
Pour rencontrer des gens à Venise c'est une mission! Hier je trouve un centro ocupato, que je croyais être un squat et qui s'avère être plus une salle de concert "alternative". Devant ma tête déçue, un jeune italien (type bobo tranquille avec pull en laine) veut m'aider, mais avec mon Italien pourri je refuse obstinément les idées d'hôtels pas cher qu'il me propose, je fini par lui demander " mais ils sont où les pauvres ici ?".. Il m'a souri gentiment et m'a dit que cette ville appartient aux touristes, les pauvres, eux , s'en vont ailleurs.

C'est étrange d'être seule ici mais je suis contente d'y être .. Le voyage est thérapeutique, même à l'arach' et le dos en miette, j'y crois. Et croire est une force..

 Je pense que je pars demain direction la frontière et après hop !! La travérsée de l'Europe. Je ne sais pas encore si je longe la cote ou si je passe par Belgrade, les routiers me conseillent plutot la seconde option mais j'avais très envie de longer la mer en Croatie. 
Je verrais avec les gens qui me prendront en stop . "Tout arrive" n'est ce pas Clem?


 

Italie express

               Il faut croire que certaines choses ne s'oublient pas : Montpellier-Italie, 4h30 en stop.
Après j'ai rencontré un de ces fameux routiers ange-gardien à la frontière : Victor.

                           Première frontière, Victoire !!

Grace à lui j'ai traversé un bon bout de l'Italie, appris deux tonnes de choses sur l'histoire et la géographie, parlé espagnol et rencontré d'autres routiers pour continuer la route..
En bref, Victor est un ami, avec lui tous les clichès sur les routiers font la queue pour prendre une claque. 
En parlant de sa cousine qui vient de gagner au loto 10 millions d'euros  il me dit  " Mais moi je suis bien plus riche qu'elle : elle est si pauvre qu'elle ne possède que de l'argent, tu imagine?"..il m'a ammenè jusque Bologna.. tranquille quoi !
Après ça je suis remontée vers le nord et la frontière à l'est  puis je suis revenue sur mes pas en décidant de suivre les conseils de mon cher Papa et d'aller jeter un oeil a Venise..